mercredi 7 mai 2014

Rythmes scolaires : l'aide financière de l'Etat reconduite pour 2015-2016



ON S'’ATTENDAIT À CE QUE L’'ANNONCE VIENNE DU CHEF DU GOUVERNEMENT. C'’EST EN TOUT CAS CE QU’'AVAIT LAISSÉ ENTENDRE, CES DERNIERS JOURS, L’'ASSOCIATION DES MAIRES DEFRANCE (AMF), PROMETTANT UN ARBITRAGE DE MANUEL VALLS SUR LE FINANCEMENT DE LA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES MERCREDI 7 MAI, À L'’ISSUE DU CONSEIL DES MINISTRES.

C’'est son ministre de l’'éducation nationale et de l’'enseignement supérieur qui aura finalement donné la « bonne nouvelle » sur les ondes de France Inter, mercredi matin. Façon de dire qu’'un mois après son installation rue de Grenelle, Benoît Hamon s’'est bel et bien emparé du dossier qui a coûté son poste à son prédécesseur.
« Le fonds d’'amorçage sera reconduit en 2015-2016, et le montant calibré pour que les communes qui connaissent de grandes difficultés » puissent sauter le pas, a-t-il affirmé, sans avancer de montant précis. « Nous allons... 

mardi 6 mai 2014

Les professionnels du tourisme protestent contre la réforme des rythmes scolaires


La réforme des rythmes scolaires n'avantage pas tous les secteurs d'activités, notamment les professionnels du tourisme qui , à travers un communiqué signé par plusieurs syndicats du domaine, ont fait part de leurs préoccupations.

DES ASSOUPLISSEMENTS EN VUE POUR LA RÉFORME DES RYTHMES SCOLAIRES

La réforme des rythmes scolaires a fait couler beaucoup d'encre depuis son annonce par l'ancien Ministre de l'Education Vincent Peillon. Ce dernier avait préconisé une durée de 6 semaines de vacances d'été sur les 2 zones arrêtées, contre 8 semaines pour les 3 zones qui existaient jusqu'à lors. 

Cette proposition annoncée l'année dernière, est actuellement en cours de révision par le département du tout nouveau Ministre Benoît Hamon qui...

En savoir plus sur http://news.radins.com/actualites/les-professionnels-tourisme-protestent-contrereforme-rythmes-scolaires,8097.html#zMjujgBfZPvde1CY.99

François Hollande parle des rythmes scolaires : décryptage "à chaud"


Interview de François Hollande dans Bourdin Direct      Questions des auditeurs le 06/05/14

Jean-Jaques Bourdin : Laurence est avec nous, Laurence est dans le Var, Bonjour Laurence !

Laurence : Bonjour Mr Bourdin, bonjour Mr Le Président, je suis représentante des Gilets Jaunes.

François Hollande : Bonjour Laurence.

Laurence : Comme 80% des enseignants et des parents je suis contre la réforme des rythmes scolaires, la liste des maires qui refusent d’appliquer cette réforme ou qui se déclarent en incapacité grossit chaque jour, elle compte aujourd’hui 3800 délibérations en Conseil Municipal.

Depuis son arrivée Rue de Grenelle, Mr Hamon traine le boulet de la réforme Peillon, 2 milliards d’euros c’est beaucoup d’argent gaspillé pour organiser un centre aéré géant, cette réforme n’apporte aucun intérêt pédagogique pour les enfants. 

Nous sommes Mr le Président, les français qui vous parlent, soyez s’il vous plait le Président qui nous écoute.

Nous vous demandons d’abroger le décret Peillon.
Ça n’a aucun sens… 

Au nom de l’intelligence et du bon sens, pour votre anniversaire (NDLR : cela fait aujourd’hui 2 ans que Mr Hollande est au pouvoir), offrez s’il vous plait à tous les petits français qui fréquentent l’école de la République, un joli cadeau, en leur offrant l’abrogation du décret Peillon. 

C’est une demande de tous les parents, nous ne sommes pas entendus…


JJ Bourdin : Laurence, François Hollande vous répond. 


F Hollande : Laurence, je respecte votre opinion, mais ce n’est pas l’avis de tous les parents (NDLR : non, mais de la majorité selon les sondages), ce n’est pas l’avis de tous les enseignants (non, seulement 88% le pensent selon une enquête du SNUipp, syndicat majoritaire), ce n’est pas l’avis de tous les spécialistes en matière de pédagogie (non, effectivement les spécialistes n’arrivent à aucun consensus, ni POUR, ni CONTRE).
Il y a encore quelques années, Laurence, nous étions à 4,5 jours de rythme scolaire. 

JJ Bourdin : avant 2008. 

F Hollande : Après on est passé à 4 jours, et il a été observé que c’était une exception dans tous les autres pays européen (il y a de nombreuses autres exceptions en France qui ne sont pas pour autant des défauts). Il y a une semaine de travail qui fait que les enfants sont sur 5 jours ou 4,5 jours pour qu’ils aient des journées qui soient moins longues et moins fatigantes (c’est l’objectif, mais il n’est pas atteint avec le décret Peillon, encore moins avec le décret Hamon !!!).

Qu’il y ait eu des difficultés d’application j’en conviens, volontiers, et c’est la raison pour laquelle j’ai demandé à Benoit Hamon d’adapter, de simplifier, d’assouplir (mais son assouplissement ne résout pas les problèmes majeurs de cette réforme). 

Mais laissons aussi la possibilité à cette réforme d’être appliquée de manière intelligente et nous en ferons l’évaluation ! (Les enfants ne sont pas des cobayes ! Ils ont déjà expérimenté ces rythmes et les retours sur le terrain sont mauvais.) 

Mais aujourd’hui, dire je m’oppose à cette réforme alors que dans beaucoup de communes… 95% ont préparé la rentrée avec les nouveaux rythmes scolaires (elles l’ont fait de façon forcée, en cherchant souvent le moindre mal vis-à-vis de ce décret imposé, ce n’est pas pour cela qu’elles sont favorables à ce décret…), donc faisons en sorte que dans la plupart des communes cela se passe bien et que ensuite nous en fassions l’évaluation (si on vous coupe un doigt, faut-il attendre qu’on vous coupe les 4 autres pour dire STOP ???).

Moi je ne suis pas dogmatique. Si dans deux ans ou dans trois ans il y a des retours qui ne sont pas ceux que l’on a à un moment espérés, nous en ferons le bilan (il n’y a pas besoin d’attendre 2 ou 3 ans, les retours ne sont déjà pas ceux espérés), mais aujourd’hui je pense que nous devons faire en sorte que les jeunes, que les enfants puissent réussir leur scolarité (et cette réforme ne permet pas leur réussite ! ). 

Vous savez moi j’ai une obligation là aussi dans mon quinquennat, c’est que tout soit fait pour les jeunes. 

On a parlé pour les emplois, je veux parler pour l’éducation.
Nous sommes dans un moment de difficultés budgétaires,  j’aurais pu réduire le nombre de postes, que j’ai annoncé pour le quinquennat, 60 000. Je ne l’ai pas décidé ainsi parce que je considère que la chance doit être donnée à tous les enfants de France.
Que l’école de la République c’est un moyen puissant de promotion, d’élévation, de réussite et aussi de citoyenneté. (Malheureusement, elle devrait l’être mais ne l’est pas… si on se base aux études PISA, l’Ecole en France va très mal. Ces études ont été réalisées sur des enfants qui ont fait leur scolarité dans le primaire à 4,5jours… comment nous faire croire que revenir à 4,5jours va changer les choses ???). 
Nous sommes dans un pays qui est capable de se diviser, on le voit bien sur les rythmes scolaires on est capable de se faire un débat fracassant alors que nous devons nous réunir et nous rassembler. Et l’Ecole doit être un lieu de rassemblement (justement, la majorité est contre ce décret Peillon-Hamon, les seuls à ne pas se rassembler sont les membres du gouvernement et une base du PS pour des raisons partisanes, même si certains maires, sporadiquement, font preuve d’honnêteté intellectuelle).

Laurence : mais nous nous ne sommes ni écoutés ni entendus Mr le Président,
 vous ne nous ferez pas croire que votre ambition pour votre pays est de faire de la France le premier pays exportateur de Macramé ou le pays champion du monde de Zumba ! 
Ce n’est pas une ambition pour l’Ecole, et pour les enfants ! 

JJ Bourdin : il s’agit des activités périscolaires.

F Hollande : Oui mais quand on parle des activités périscolaires c’est important ! L’éducation musicale, l’animation culturelle, le sentiment que les enfants aussi peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes ! (tout cela fait déjà parti du programme scolaire depuis des années, donner le meilleur de soi-même pour un enfant dépend surtout de la pédagogie, et donc de l’investissement et de la formation des enseignants… la réforme ne leur offre pas de bonnes conditions de travail, propices à un investissement…)

Vous savez je pense qu’il y a de nombreuses familles qui voudraient être accompagnées pour les activités post scolaires. (Certainement ! et il est possible de les accompagner sans mettre en place cette réforme ! Par exemple, une possibilité à étudier serait de favoriser l’accès à des activités périscolaires à ces familles le samedi matin ! Réglant ainsi une bonne partie du « problème » de la semaine de 4 jours, décrié par de nombreux spécialistes, à savoir la trop longue durée du weekend…)

JJ Bourdin : le décret Hamon rentrera en vigueur, François Hollande…

F Hollande : le décret entrera en vigueur bien sûr ! Et c’est un décret qui a permis cet assouplissement …

JJ Bourdin : malgré le Conseil Supérieur de l’Education qui a rejeté ce décret ?

F Hollande : oui mais qui avait voté également contre le premier… (Quel mépris ! Et après Mr Peillon osait parler de consensus ! Peu importe ce que les instances de l’enseignement disent… le gouvernement impose ce qu’il veut… est-ce là la démocratie ???)

JJ Bourdin : Bon. Merci Laurence…


Rythmes scolaires : non, M. Hamon, l'apprentissage ne se fait pas que de 9h à 11h


LE CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'ÉDUCATION (CONSULTATIF) A REJETÉ CE LUNDI 5 MAI LE DÉCRET SUR LES RYTHMES SCOLAIRES INTRODUISANT DES ASSOUPLISSEMENTS POUR LES COMMUNE QUI ONT DU MAL À METTRE EN PLACE LA SEMAINE DE QUATRE JOURS. MAIS NOTRE CONTRIBUTRICE CLAIRE LECONTE, PROFESSEURE DE PSYCHOLOGIE SPÉCIALISÉE EN CHRONOBIOLOGIE, AVAIT BIEN D'AUTRES IDÉES, PLUS AMBITIEUSES, POUR CETTE RÉFORME.


Il est bien difficile de pouvoir échanger rationnellement autour de ce dossier, car chacun se l'approprie selon sa perception. Pourquoi ? Parce qu’on ne parle que de "rythmes scolaires", ce qu’aucun autre pays au monde ne fait. Ce terme, non scientifique, a été inventé en 70-80, quand les connaissances scientifiques sur les rythmes biologiques ont été reconnues par l'académie des sciences créant une nouvelle discipline, la chronobiologie.

Il signifiait "adapter l’emploi du temps scolaire aux rythmes biologiques des enfants et adolescents".

C’est dire que la préoccupation pour le "mal-être" des enfants à l’école est une vieille préoccupation en France, en tout cas elle existait déjà quand l’école fonctionnait sur 4 jours et demi, elle n’est pas apparue avec la semaine de 4 jours.

Et elle perdurera longtemps encore tant qu’on persistera à penser que la réussite des élèves est dépendante uniquement d’un nombre de jours par an ou d’un nombre d’heures par jour en classe et qu’on ne se préoccupera que de l’emploi du temps scolaire.

Rendre les enfants davantage acteurs

Non M. Hamon, la disponibilité aux apprentissages des enfants n'est pas présente que de 9h à 11h. Quand on les motive, qu'on donne du sens à tout ce qu'ils font, qu'on démarre le matin en évitant qu'ils ne s'énervent, qu'on alterne les activités selon leur coût cognitif, qu'on rend les enfants davantage acteurs de leurs apprentissages en les autonomisant plus, qu'on les informe bien sur les objectifs à atteindre, qu'on leur apprend à s'auto-évaluer et à profiter des erreurs qu'ils commettent, ils sont disponibles bien plus longtemps.

Combien de temps vos enfants restent-ils attentifs devant leur jeu vidéo ? À quelle heure sont-ils capables de s'y mettre le matin si on les laisse faire ?

Comment votre ministère ne comprend-il pas que....

lundi 5 mai 2014

Rythmes scolaires, du consensus au casus belli

Un article de Angèlique Schaller pour La Marseillaise.

"LES RYTHMES SCOLAIRES RESTENT LA PIERRE DANS LA CHAUSSURE DU NOUVEAU MINISTRE DE L'EDUCATION.


La question des rythmes scolaires monopolise l’activité du nouveau ministre de l’Education, Benoît Hamon. Le gouvernement socialiste a en effet réussi à transformer un sujet qui faisait consensus en casus belli.
Il bénéficiait pourtant d’un a priori favorable de la part des enseignants, le PS ayant des liens historiques avec cette corporation et arrivant après dix années de casse méthodique de ce métier par les gouvernements de droite successifs. "

Benoit Hamon seul face à la réforme des rythmes scolaires





Les assouplissements prévus par le ministre sont loin de faire l’unanimité. Déjà le numéro 2 du ministère de l’Education l’a laissé tomber mercredi dernier, et voilà que le Conseil Supérieur de l’Enseignement vote majoritairement contre son décret, complémentaire du décret Peillon sur les rythmes scolaires.
La seule solution qu’il reste au ministre face à cette réforme inadaptée: l’abrogation !




Une démission qui témoigne d'un désaveu.

Mercredi 30 avril Jean-Paul Delahaye claque la porte du ministère de l'Education Nationale. Le directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco) était pourtant un rouage essentiel de la machine.

Au lendemain du remaniement, Jean-Paul Delahaye avait déjà dit au successeur de Vincent Peillon qu'il partirait en "juin ou juillet 2014" en retraite anticipée, mais Benoît Hamon aurait souhaité qu'il reste un peu plus.

Le directeur général formait un véritable duo avec Vincent Peillon pour qui il tenait toutes les manettes en coulisse. C'est notamment lui qui a façonné la loi de refondation de l'école, c'est lui aussi qui a bâti la réforme des rythmes scolaires.
Il ne peut donc pas cautionner les changements voulus aujourd'hui par le nouveau ministre, selon France Info etAtlantico. Jean-Paul Delahaye a préféré s'en aller en prenant soin d'envoyer un mail d'adieu à ses collaborateurs.


Benoît Hamon a en effet annoncé des aménagements lors de son arrivée au ministère. Un décret complémentaire doit permettre aux communes d'adapter cette réforme. Ce nouveau texte a été présenté lundi devant les syndicats en Conseil supérieur de l'éducation.
Jean-paul Delahaye a préféré partir avant ce Conseil qu’il devait présider, handicapant  franchement le ministre.
En effet, le directeur général de l'enseignement scolaire maîtrisait tous les dossiers et rouages du ministère. Il a travaillé pour Martine Aubry pendant la primaire socialiste, avec Jack Lang et enfin avec Vincent Peillon pendant près d’un an et demi.
Il avait été nommé à la Dgesco le 21 novembre 2012. Inspecteur général de l'éducation nationale, il est titulaire d'un doctorat en sciences de l'éducation. Il a occupé tous les postes du système éducatif, de professeur en collège à inspecteur d'académie dans la Seine-Saint-Denis avant d'être nommé inspecteur général.
Farouche militant de l'école du socle, il aurait aimé faire plus avancer ce dossier durant son passage Rue de Grenelle.

 « Symboliquement, ce départ précipité ne trompe personne » affirme Le Monde.

Homme droit, au service de l'école depuis quarante ans, pédagogue dans l'âme, il vivait sans doute très mal l'idée de devoir présenter devant les partenaires de l'école un texte qui détricote pour partie ses deux années de travail aux côtés de Vincent Peillon. Une évidence, pour qui a fréquenté cet homme d'une extrême rigueur morale. 
Pourtant, l'entourage de Benoit Hamon assure à l'Express que le départ de Jean-Paul Delahaye n'est en rien lié aux amé­na­ge­ments apportés à la réforme, et relève de rai­sons "personnelles".

Le Figaro sou­ligne que le départ de Jean-Paul Delahaye pour­rait être lié à la posi­tion du gou­ver­ne­ment concer­nant les ques­tions éduca­tives. "Jean-Paul Delahaye n'a rien per­son­nel­le­ment contre Hamon. Il en veut sur­tout à François Hollande, qui ne s'est jamais inté­ressé à l'Éduca­tion natio­nale", et qui "consi­dère qu'à par­tir du moment où il a mis 60 000 postes d'enseignants sur la table, il n'est plus ques­tion d'entendre par­ler d'éduca­tion pour le reste du quin­quen­nat", explique l'historien Claude Lelièvre, cité par le quotidien.

Pour Benoît Hamon, c’est encore plus un coup dur, car il n’a pas de solution de rechange. Du jamais-vu Rue de Grenelle. « Cette vacance est une catastrophe du point de vue du fonctionnement du ministère, et un vrai problème politique » selon Le Monde.
Depuis 5 jours, Benoit Hamon est à la recherche d'un nouveau directeur général de l'enseignement scolaire.
Officiellement, la nouvelle est accueillie calmement. "Il sera remplacé dans les jours qui viennent", dit-on au ministère.
Officieusement, la gauche n'a toujours pas reconstitué de vivier de cadres supérieurs capables de tenir des postes clés.
Décidément, la réforme des rythmes scolaires n'est pas sans conséquence rue de Grenelle.


Parents, collectivités et syndicats majoritairement opposé à ces aménagements.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) a rejeté, lundi 5 mai, le projet de décret complémentaire sur les rythmes scolaires introduisant des assouplissements pour les communes qui peinent à mettre  en place la semaine de quatre jours et demi dès septembre.
Le texte a recueilli
31 voix contre,
27 abstentions,
et 3 voix pour.

Dans le détail, la FCPE, la FSU, FO, CGT, SUD, le Snalc et la FAGE se sont prononcés contre, selon une source syndicale.
L'UNSA, le SGEN, l'UNL et l'UNEF se sont abstenus,
et la PEEP, la Ligue de l'enseignement et Jeunesse au plein air (JPA) ont voté pour.

UN VOTE NON CONTRAIGNANT POUR LE GOUVERNEMENT

Le gouvernement n’est pas tenu par l’avis de cette instance qui est seulement consultatif. Le décret entrera en vigueur lorsqu’il sera publié au Journal officiel, probablement en fin de semaine.
Ceux qui ont voté contre ont pu le faire pour des raisons opposées, avec chacun sa vision idéale de la réforme, a souligné le ministère, pour qui le texte, fruit de trois semaines et demie de consultations, permettra d’appliquer la réforme partout en septembre. 
Sans surprise, le texte a ensuite été rejeté dans l'après-midi au Comité technique ministériel (CTM), où siègent organisations syndicales et représentants du ministère, avec 
- 10 voix contre (FSU, CGT, Sud, FO), 
- 5 abstentions (Unsa Education, Sgenc-CFDT), 
- aucune voix pour ni refus de vote.

UN PREMIER DÉCRET DÉJÀ REJETÉ

Rappelons que le premier décret sur les rythmes, proposé par Vincent Peillon le 8 janvier 2013, avait été rejeté au CSE, avec 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes, sans recueillir aucune voix de syndicats d’enseignants, ni de fédérations de parents. Le premier décret avait également été rejeté par le CTM.

 Face à une telle situation le ministre devrait prendre la mesure qui s’impose

CETTE RÉFORME SOULÈVE TELLEMENT DE MALAISES ET DE DYSFONCTIONNEMENTS QUE MR HAMON SERAIT BIEN SAGE D’ÉCOUTER ET DE « RETIRER » SON DÉCRET ET CELUI DE SON PRÉDÉCESSEUR. 

C’EST CE QUE DEMANDE DANS LIBÉRATION LE PARTI DE GAUCHE.

«HAMON COULE À PIC», «BENOÎT HAMON EST RIDICULISÉ DÈS SA PRISE DE FONCTION», ESTIMENT LES DEUX RESPONSABLES DU PG, FRANÇOIS COCQ, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PG, ET MAGALI ESCOT, RESPONSABLE ÉDUCATION.

 

 «Les cadres et les hommes changent, mais le rejet de la politique gouvernementale s’accentue de jour en jour. Là où Manuel Valls subissait un vote de confiance conditionnelle, Benoît Hamon se heurte à un vote de défiance certaine. (...) Benoît Hamon apprend à ses dépens qu’à vouloir territorialiser l’école de la République, il se retrouve dans un no man’s land», estiment-ils.



Loin des débats partisans, 
les Gilets Jaunes rejoignent tout de même cette position  
et revendiquent plus que jamais l’abrogation de ces décrets 
afin qu’ait lieu une réelle concertation.

"Combat du coeur"

dimanche 4 mai 2014

Les fonctionnaires de l'Éducation nationale sont-ils tenus à l'obligation de réserve ?


NON
Les enseignants peuvent s'exprimer et se positionner contre la réforme des rythmes scolaires sans être inquiétés.

L'obligation de réserve a été supprimée par la loi du 13 juillet 1983. Elle ne s'applique plus que pour les magistrats (auxquels s'adresse toujours l'article 10 de l'ordonnance n°58-1270 du 22 décembre 1958) ou  certains fonctionnaires à l'occasion de circonstances exceptionnelles (le contexte diplomatique par exemple) qui ne concernent pas l'exercice ordinaire des agents de l'Éducation nationale. La loi du 13 juillet 1983 leur reconnaît une totale liberté d'opinion (Art. 6), l'activité politique (Art. 7) et syndicale (Art. 8) et le droit de grève (Art. 10) que certains ministres autoritaires voudraient bien voir disparaître.

Anicet Lepors, qui était à cette époque ministre de la Fonction Publique, donne son analyse de l'obligation de réserve dans une tribune libre du journal Le Monde daté du 31 janvier 2008. Il rappelle notamment son rejet à l'Assemblée nationale le 3 mai 1983 d'un amendement tendant à l'inscription de l'obligation de réserve dans la loi. Il souligne que l'obligation de réserve ne figure pas dans le statut général ni dans aucun statut particulier de fonctionnaire, sinon celui des membres du Conseil d'État.

Il existe cependant une limitation à l'expression des fonctionnaires : c'est l'obligation de discrétion professionnelle prévue par le second alinéa de l'article 26 de la loi du 13 juillet 1983 : "Les fonctionnaires doivent faire preuve de discrétion professionnelle pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la réglementation en vigueur, notamment en matière de liberté d'accès aux documents administratifs, les fonctionnaires ne peuvent être déliés de cette obligation de discrétion professionnelle que par décision expresse de l'autorité dont ils dépendent."

Autrement dit, un fonctionnaire garde toute liberté de critiquer l'action du gouvernement et la politique de son académie, à condition que sa critique ne porte que sur des éléments connus du public, comme les articles de presse, les émissions de télévision et même les documents administratifs (circulaires et notes de service qui sont, par la Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 consultables par tout le monde).

Pour finir, une devinette qui concerne l'obligation de réserve. Comment s'appelle le fonctionnaire courageux qui a déclaré ceci :

"Voilà pourquoi l'obligation de réserve, qui contraint les agents publics à observer une retenue dans l'expression de leurs opinions ne figure pas explicitement dans les lois statutaires relatives à la fonction publique. Il s'agit d'une création jurisprudentielle, reprise dans certains statuts particuliers, tels les statuts des magistrats, des militaires, des policiers... Mais à quoi bon discuter ? Je prends comme un hommage qu’on m’invite à me taire. Ce ne sera d’ailleurs que provisoire. Ensuite, j’en préviens d’emblée les censeurs, je ne dirai plus ce que je pense, mais ce que je sais."

Avant d'aller lire la réponse, calez-vous bien sur votre fauteuil.


Alors à quoi rime cette invocation anachronique du devoir de réserve, sinon à intimider ceux qui parlent librement ? Souvenez-vous de la déclaration hargneuse du  député UMP Eric Raoult rêvant d'une obligation de réserve pour les écrivains et footballeurs, autant dire leur mise en coupe réglée sous les projecteurs de la censure et de l'autocensure.




Ainsi, les enseignants ont tout a fait le droit de s'exprimer contre cette réforme, c'est ce que nous rappelle par exemple le syndicat SNUDI-FO: lire le PDF.