lundi 5 mai 2014

Benoit Hamon seul face à la réforme des rythmes scolaires





Les assouplissements prévus par le ministre sont loin de faire l’unanimité. Déjà le numéro 2 du ministère de l’Education l’a laissé tomber mercredi dernier, et voilà que le Conseil Supérieur de l’Enseignement vote majoritairement contre son décret, complémentaire du décret Peillon sur les rythmes scolaires.
La seule solution qu’il reste au ministre face à cette réforme inadaptée: l’abrogation !




Une démission qui témoigne d'un désaveu.

Mercredi 30 avril Jean-Paul Delahaye claque la porte du ministère de l'Education Nationale. Le directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco) était pourtant un rouage essentiel de la machine.

Au lendemain du remaniement, Jean-Paul Delahaye avait déjà dit au successeur de Vincent Peillon qu'il partirait en "juin ou juillet 2014" en retraite anticipée, mais Benoît Hamon aurait souhaité qu'il reste un peu plus.

Le directeur général formait un véritable duo avec Vincent Peillon pour qui il tenait toutes les manettes en coulisse. C'est notamment lui qui a façonné la loi de refondation de l'école, c'est lui aussi qui a bâti la réforme des rythmes scolaires.
Il ne peut donc pas cautionner les changements voulus aujourd'hui par le nouveau ministre, selon France Info etAtlantico. Jean-Paul Delahaye a préféré s'en aller en prenant soin d'envoyer un mail d'adieu à ses collaborateurs.


Benoît Hamon a en effet annoncé des aménagements lors de son arrivée au ministère. Un décret complémentaire doit permettre aux communes d'adapter cette réforme. Ce nouveau texte a été présenté lundi devant les syndicats en Conseil supérieur de l'éducation.
Jean-paul Delahaye a préféré partir avant ce Conseil qu’il devait présider, handicapant  franchement le ministre.
En effet, le directeur général de l'enseignement scolaire maîtrisait tous les dossiers et rouages du ministère. Il a travaillé pour Martine Aubry pendant la primaire socialiste, avec Jack Lang et enfin avec Vincent Peillon pendant près d’un an et demi.
Il avait été nommé à la Dgesco le 21 novembre 2012. Inspecteur général de l'éducation nationale, il est titulaire d'un doctorat en sciences de l'éducation. Il a occupé tous les postes du système éducatif, de professeur en collège à inspecteur d'académie dans la Seine-Saint-Denis avant d'être nommé inspecteur général.
Farouche militant de l'école du socle, il aurait aimé faire plus avancer ce dossier durant son passage Rue de Grenelle.

 « Symboliquement, ce départ précipité ne trompe personne » affirme Le Monde.

Homme droit, au service de l'école depuis quarante ans, pédagogue dans l'âme, il vivait sans doute très mal l'idée de devoir présenter devant les partenaires de l'école un texte qui détricote pour partie ses deux années de travail aux côtés de Vincent Peillon. Une évidence, pour qui a fréquenté cet homme d'une extrême rigueur morale. 
Pourtant, l'entourage de Benoit Hamon assure à l'Express que le départ de Jean-Paul Delahaye n'est en rien lié aux amé­na­ge­ments apportés à la réforme, et relève de rai­sons "personnelles".

Le Figaro sou­ligne que le départ de Jean-Paul Delahaye pour­rait être lié à la posi­tion du gou­ver­ne­ment concer­nant les ques­tions éduca­tives. "Jean-Paul Delahaye n'a rien per­son­nel­le­ment contre Hamon. Il en veut sur­tout à François Hollande, qui ne s'est jamais inté­ressé à l'Éduca­tion natio­nale", et qui "consi­dère qu'à par­tir du moment où il a mis 60 000 postes d'enseignants sur la table, il n'est plus ques­tion d'entendre par­ler d'éduca­tion pour le reste du quin­quen­nat", explique l'historien Claude Lelièvre, cité par le quotidien.

Pour Benoît Hamon, c’est encore plus un coup dur, car il n’a pas de solution de rechange. Du jamais-vu Rue de Grenelle. « Cette vacance est une catastrophe du point de vue du fonctionnement du ministère, et un vrai problème politique » selon Le Monde.
Depuis 5 jours, Benoit Hamon est à la recherche d'un nouveau directeur général de l'enseignement scolaire.
Officiellement, la nouvelle est accueillie calmement. "Il sera remplacé dans les jours qui viennent", dit-on au ministère.
Officieusement, la gauche n'a toujours pas reconstitué de vivier de cadres supérieurs capables de tenir des postes clés.
Décidément, la réforme des rythmes scolaires n'est pas sans conséquence rue de Grenelle.


Parents, collectivités et syndicats majoritairement opposé à ces aménagements.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) a rejeté, lundi 5 mai, le projet de décret complémentaire sur les rythmes scolaires introduisant des assouplissements pour les communes qui peinent à mettre  en place la semaine de quatre jours et demi dès septembre.
Le texte a recueilli
31 voix contre,
27 abstentions,
et 3 voix pour.

Dans le détail, la FCPE, la FSU, FO, CGT, SUD, le Snalc et la FAGE se sont prononcés contre, selon une source syndicale.
L'UNSA, le SGEN, l'UNL et l'UNEF se sont abstenus,
et la PEEP, la Ligue de l'enseignement et Jeunesse au plein air (JPA) ont voté pour.

UN VOTE NON CONTRAIGNANT POUR LE GOUVERNEMENT

Le gouvernement n’est pas tenu par l’avis de cette instance qui est seulement consultatif. Le décret entrera en vigueur lorsqu’il sera publié au Journal officiel, probablement en fin de semaine.
Ceux qui ont voté contre ont pu le faire pour des raisons opposées, avec chacun sa vision idéale de la réforme, a souligné le ministère, pour qui le texte, fruit de trois semaines et demie de consultations, permettra d’appliquer la réforme partout en septembre. 
Sans surprise, le texte a ensuite été rejeté dans l'après-midi au Comité technique ministériel (CTM), où siègent organisations syndicales et représentants du ministère, avec 
- 10 voix contre (FSU, CGT, Sud, FO), 
- 5 abstentions (Unsa Education, Sgenc-CFDT), 
- aucune voix pour ni refus de vote.

UN PREMIER DÉCRET DÉJÀ REJETÉ

Rappelons que le premier décret sur les rythmes, proposé par Vincent Peillon le 8 janvier 2013, avait été rejeté au CSE, avec 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes, sans recueillir aucune voix de syndicats d’enseignants, ni de fédérations de parents. Le premier décret avait également été rejeté par le CTM.

 Face à une telle situation le ministre devrait prendre la mesure qui s’impose

CETTE RÉFORME SOULÈVE TELLEMENT DE MALAISES ET DE DYSFONCTIONNEMENTS QUE MR HAMON SERAIT BIEN SAGE D’ÉCOUTER ET DE « RETIRER » SON DÉCRET ET CELUI DE SON PRÉDÉCESSEUR. 

C’EST CE QUE DEMANDE DANS LIBÉRATION LE PARTI DE GAUCHE.

«HAMON COULE À PIC», «BENOÎT HAMON EST RIDICULISÉ DÈS SA PRISE DE FONCTION», ESTIMENT LES DEUX RESPONSABLES DU PG, FRANÇOIS COCQ, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PG, ET MAGALI ESCOT, RESPONSABLE ÉDUCATION.

 

 «Les cadres et les hommes changent, mais le rejet de la politique gouvernementale s’accentue de jour en jour. Là où Manuel Valls subissait un vote de confiance conditionnelle, Benoît Hamon se heurte à un vote de défiance certaine. (...) Benoît Hamon apprend à ses dépens qu’à vouloir territorialiser l’école de la République, il se retrouve dans un no man’s land», estiment-ils.



Loin des débats partisans, 
les Gilets Jaunes rejoignent tout de même cette position  
et revendiquent plus que jamais l’abrogation de ces décrets 
afin qu’ait lieu une réelle concertation.

"Combat du coeur"

dimanche 4 mai 2014

Les fonctionnaires de l'Éducation nationale sont-ils tenus à l'obligation de réserve ?


NON
Les enseignants peuvent s'exprimer et se positionner contre la réforme des rythmes scolaires sans être inquiétés.

L'obligation de réserve a été supprimée par la loi du 13 juillet 1983. Elle ne s'applique plus que pour les magistrats (auxquels s'adresse toujours l'article 10 de l'ordonnance n°58-1270 du 22 décembre 1958) ou  certains fonctionnaires à l'occasion de circonstances exceptionnelles (le contexte diplomatique par exemple) qui ne concernent pas l'exercice ordinaire des agents de l'Éducation nationale. La loi du 13 juillet 1983 leur reconnaît une totale liberté d'opinion (Art. 6), l'activité politique (Art. 7) et syndicale (Art. 8) et le droit de grève (Art. 10) que certains ministres autoritaires voudraient bien voir disparaître.

Anicet Lepors, qui était à cette époque ministre de la Fonction Publique, donne son analyse de l'obligation de réserve dans une tribune libre du journal Le Monde daté du 31 janvier 2008. Il rappelle notamment son rejet à l'Assemblée nationale le 3 mai 1983 d'un amendement tendant à l'inscription de l'obligation de réserve dans la loi. Il souligne que l'obligation de réserve ne figure pas dans le statut général ni dans aucun statut particulier de fonctionnaire, sinon celui des membres du Conseil d'État.

Il existe cependant une limitation à l'expression des fonctionnaires : c'est l'obligation de discrétion professionnelle prévue par le second alinéa de l'article 26 de la loi du 13 juillet 1983 : "Les fonctionnaires doivent faire preuve de discrétion professionnelle pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la réglementation en vigueur, notamment en matière de liberté d'accès aux documents administratifs, les fonctionnaires ne peuvent être déliés de cette obligation de discrétion professionnelle que par décision expresse de l'autorité dont ils dépendent."

Autrement dit, un fonctionnaire garde toute liberté de critiquer l'action du gouvernement et la politique de son académie, à condition que sa critique ne porte que sur des éléments connus du public, comme les articles de presse, les émissions de télévision et même les documents administratifs (circulaires et notes de service qui sont, par la Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 consultables par tout le monde).

Pour finir, une devinette qui concerne l'obligation de réserve. Comment s'appelle le fonctionnaire courageux qui a déclaré ceci :

"Voilà pourquoi l'obligation de réserve, qui contraint les agents publics à observer une retenue dans l'expression de leurs opinions ne figure pas explicitement dans les lois statutaires relatives à la fonction publique. Il s'agit d'une création jurisprudentielle, reprise dans certains statuts particuliers, tels les statuts des magistrats, des militaires, des policiers... Mais à quoi bon discuter ? Je prends comme un hommage qu’on m’invite à me taire. Ce ne sera d’ailleurs que provisoire. Ensuite, j’en préviens d’emblée les censeurs, je ne dirai plus ce que je pense, mais ce que je sais."

Avant d'aller lire la réponse, calez-vous bien sur votre fauteuil.


Alors à quoi rime cette invocation anachronique du devoir de réserve, sinon à intimider ceux qui parlent librement ? Souvenez-vous de la déclaration hargneuse du  député UMP Eric Raoult rêvant d'une obligation de réserve pour les écrivains et footballeurs, autant dire leur mise en coupe réglée sous les projecteurs de la censure et de l'autocensure.




Ainsi, les enseignants ont tout a fait le droit de s'exprimer contre cette réforme, c'est ce que nous rappelle par exemple le syndicat SNUDI-FO: lire le PDF.

dimanche 27 avril 2014

Rythmes scolaires : les assouplissements de Benoit Hamon ne répondent pas aux attentes des Gilets Jaunes


Les assouplissements de Benoit Hamon : un vaste écran de fumée…

La réforme des rythmes scolaire fait décidément beaucoup parler d’elle depuis deux ans et ce n’est sans doute pas sans raison, comme on dit : « il n’y a pas de fumée sans feu… ».

Le premier Ministre Mr Valls nouvellement nommé avait rapidement annoncé la venue prochaine d’assouplissements concernant cette réforme.

Deux nouvelles possibilités.

Il aura fallu moins d’un mois au ministre de l’Education fraichement en poste Mr Benoit Hamon pour préciser ces « assouplissements » dans le cadre d’un projet de décret modifiant le précédent et d’une circulaire ministérielle.

Tout en précisant qu’il conserve « le socle » de la réforme, à savoir 5 matinées de cours, et qu’il refuse tout report, toutes les communes devant l’appliquer en septembre 2014, il nous présente ce matin, vendredi 25 avril 2014, les points essentiels de ces évolutions :
1.       Possibilité pour les maires de concentrer les Temps d’Activités Périscolaires (TAP) sur une même demi-journée
2.       Possibilité de diminuer la semaine d’une heure de temps scolaire, passant ainsi à 23h hebdomadaires, tout en récupérant ces heures sur les vacances scolaires. Bien sur tout cela en accord entre les communes, le rectorat et tous les acteurs.


Certes, le fait de recentrer les activités sur une demi-journée permettra de faciliter les partenariats avec les associations ou d’autres communes, facilitant ainsi le recrutement d’animateur et l’organisation qui en découle. Ainsi une certaine « économie d’échelle » sera faite, alors que l’Association des Maires de France (AMF) réclamait principalement que l’aide de l’Etat soit perpétuée au delà de 2014…

Mais ces modifications ne changent pas le fond du problème… bien au contraire…



Une école à plusieurs vitesses.

Ces modifications ne feront que renforcer les inégalités entre communes, favorisant une école territoriale et non nationale. Et même si en principe chaque commune peut revoir sa copie pour réfléchir à ces possibilités, le délai imparti pour le faire reste très court d’ici septembre, et même d’ici juillet car il faudrait que les projets soient bouclés avant les vacances estivales.
Par ailleurs cela arrive tardivement : les communes qui ont travaillé depuis des mois pour tenter de fournir des projets « acceptables » vont-elles vouloir remettre ce dossier sur la table ?



L’intérêt des enfants oublié.

Mr Peillon lui-même désavouait cet assouplissement, car il permet d’allonger encore le week-end dans le cas où une commune choisit de recentrer toutes les activités le vendredi après-midi. Cela parait très attractif pour les parents, mais c’est une toute autre chose pour le bien-être des enfants. 
Car le seul point où tous les spécialistes sont d’accord, c’est pour dire que le problème de la semaine de 4 jours est induit par son weekend trop long. Avec cette modification cela pourrait être pire !!! 
Un comble quand on dit s’inquiéter de la réussite des enfants ! Car Mr Peillon ne changeait rien au problème mais là Mr Hamon l’aggrave !

Notons cependant que mettre une matinée d'école supplémentaire le samedi matin ne semble pas non plus une solution, car cela ne tiendrait absolument pas compte de l'évolution de la société (parents séparés, etc...)

Par ailleurs la chronobiologiste  Sylvie Royant-Parola, nous rappelle par le biais de La Croix que « les temps consacrés aux activités périscolaires sont bien plus efficaces s’ils sont répartis sur plusieurs jours de la semaine. À cette fréquence, notre métabolisme, sachant qu’il aura une pause, fonctionne au maximum de ses capacités pendant les heures de cours. » Il n’y a donc pas un grand intérêt éducatif à tout regrouper sur un après-midi.



Un assouplissement qui n’a rien de nouveau.

Avec ces modifications, Mr Hamon ne fait que répondre à quelques localités où des expérimentations de qualité fonctionnaient depuis plus de 20 ans, en concertation avec tous les acteurs de terrain, et qui ne pouvaient pas rentrer dans le cadre du décret de Mr Peillon. Malgré de grandes annonces, il n’y a pas de vraie innovation dans cet assouplissement.



Une réforme qui reste inefficace.

Mr Hamon entend grâce à cette réforme permettre aux enfants de mieux apprendre à lire, écrire, compter et parler correctement. Or l’étude menée par le SNUipp en février 2014 nous informe : dans les communes où la réforme est en place, des volontaires, 88% des enseignants estiment qu’il n’y a pas d’amélioration sur les résultats scolaires !

On nous martèle qu’il faut concentrer les apprentissages fondamentaux aux moments  où les enfants sont les plus attentifs, et que pour cela il est mieux d’avoir 5 matinées de travail, alors quela réalité est toute autre !!!

           Les études nous indiquent en effet que sur une journée :
·         il y a bien un pic d’attention en fin de matinée, et souvent on n’en profite pas pleinement parce qu’il faut stopper les cours pour aller manger.

·         Il y a un pic d’attention en fin d’après-midi, supérieur à celui du matin, qui n’était pas beaucoup exploité auparavant et qui ne l’est souvent plus du tout avec cette réforme.


Aussi il ne faut pas oublier que les enseignants, principaux acteurs de terrain, sont les plus à même de connaitre leurs élèves et de savoir quand ils sont le plus attentif dans une journée afin d’adapter leur pédagogie et le contenu des cours. Ainsi des efforts sur leur formation seraient bien plus efficaces et pertinents que cette réforme inadaptée. Il en va de même pour le contenu des programmes, le nombre de postes, de RASED, etc…

Claire Leconte, chronobiologiste, ajoute en ce sens : «Plus personne ne s'intéresse au fait que les enseignants ne sont pas impliqués. Le texte ne parle que de chiffres. On ne s'intéresse pas aux enfants. Ce que je demande, c'est qu'on s'intéresse à l'enfant apprenant. Comment peut-on penser que le fait d'alléger une journée d'une demi-heure ou deux heures va changer quelque chose? C'est au sein de l'école elle-même et dans les pratiques des enseignants que les choses doivent changer. La plupart des enfants continueront à avoir des journées qui commencent à 7h30 et se terminent à 18h30.»

Plutôt que de financer cette réforme,  il y a bien d’autres priorités dont l’efficacité sur la réussite des élèves n’est plus à démontrer !

Aussi quand Mr Hamon déclare dans Le Monde « J'arrive à un moment où il reste à convaincre que ces nouveaux rythmes scolaires visent à mieux faire réussir les enfants. C'est l'une de mes tâches. », nous lui souhaitons bien du courage et lui rappelons qu’à l’impossible nul n’est tenu…



De nombreuses questions restent en suspens…

Comme le soulève Mr Raoult de la FCPE, il n’y a pas de réponse quant à la gratuité des TAP, qui malheureusement n’est pas d’actualité alors que seules les communes volontaires et qui se sentaient capables de l’appliquer l’ont mise en place ! Sans cette gratuité les inégalités sont creusées, l’école républicaine remise en cause.

Malheureusement le coût de cette réforme associé à la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement attribuée aux maires ne permettent pas de garantir cette gratuité.
D’autant plus que l’aide accordée par l’Etat ne couvre pas les dépenses totales et ne sera à prioripas reconduite au-delà de 2014 comme le demande l’AMF. Le ministre n’a transmis aucune information à ce sujet.

Sans oublier les questions d’insécurité liée à l’abaissement du taux d’encadement, la concurrence accentuée avec l’école privée (non tenue d’appliquer la réforme), la prise en charge des enfants en situation de handicap, etc…
Toutes ces questions lourdes restent sans réponses.




Une annonce qui laisse un goût de bricolage et de trop peu.


Pour les Maires :

Pierre-Alain Roiron, vice président de l'Association des maires de France (AMF), membre du Conseil national de l'Education (CSE): "Ces annonces vont plutôt dans le bon sens […] mais qui demande réflexion, les délais sont trop courts pour une mise en oeuvre à la rentrée. […] En revanche, nous attendons toujours une réponse du ministre à la question du financement des activités périscolaires ». 
Les principaux opposants politiques à la réforme sont également déçus. Les maires UMP, par exemple, qui réclamaient la possibilité de pouvoir choisir s'ils voulaient ou non passer à la semaines de 4,5 jours n'ont pas été entendus.

Pour les Enseignants :

Pour le Snuipp, premier syndicat d'enseignant qui réclamait une réécriture complète du décret initial, cette annonce laisse un champ d’expérimentation très réduit et des questions en suspens !
"Nous n'allons pas protester contre une mesure que nous avions demandée. L'opportunité de libérer un après-midi par semaine est intéressante à plusieurs titres (mais) le champ des possibles est bien maigre. C'est donc décevant", réagit le secrétaire général du mouvement sur le site internet de L'Express.
En effet avec cet assouplissement, les enseignants se verraient échanger le mercredi matin contre un après-midi qu’ils pourraient consacrer librement à leurs travaux de préparation, de concertation ou d’animations pédagogiques. Dans tous les cas, la semaine scolaire pourrait être organisée sur 8 demi-journées avec 5 matinées (mercredi ou samedi) et 3 après-midi. Paul Raoult, président de la FCPE, parle ainsi d’un « cadeau fait aux enseignants », sans donner la priorité aux enfants.

Pour les parents d’élèves :

La FCPE s’inquiète de la question de la gratuité et du bricolage du calendrier scolaire qui pourrait diminuer les vacances de la Toussaint ou allonger le troisième trimestre, deux erreurs à éviter selon eux. Par ailleurs, les TAP favorisant l’apprentissage du « vivre ensemble », il est mieux selon Mr Raoult d’étaler ces derniers sur la semaine.
Valérie Marty, présidente de la PEEP (Fédération des parents d'élèves de l'école publique) s’estime à moitié satisfaite. Pour elle regrouper les activités sur une demi journée est une bonne chose mais « [elle ne voit]  pas l'intérêt de réduire le temps d'enseignement d'une heure par semaine. Et enfin que va t-il se passer pour les villes comme Epinal ou Munster, qui ont mis en place de longue date des aménagements du temps scolaire qui fonctionnent? »


Pour les Gilets Jaunes :

Cette annonce n’est là que pour faire plaisir aux maires, mais cela ne changera rien sur la fatigue des enfants et encore moins sur les inégalités entre les écoliers français !
Il s’agit d’un écran de fumée pour tenter de faire passer cette reforme ! 
Par idéologie partisane, le gouvernement refuse de faire marche arrière tout en acceptant n’importe quoi…
Les gilets Jaunes n’acceptent pas ces nouvelles mesures. Ils maintiennent leur position et demandent l’abrogation pure et simple de ce décret sur les rythmes scolaires.
Le nouveau ministre doit reconnaitre les erreurs de Vincent Peillon rapidement, à défaut de voir l’ensemble des acteurs: Parents, enseignants, élus, animateurs et contribuables se soulever lors des prochaines manifestations prévues en mai.

NB : Le projet de décret doit être soumis au Conseil supérieur de l’Education le 5 mai. Une circulaire d’application devrait l’accompagner.


A VOIR :

vendredi 25 avril 2014

Un texte criant d'humanité






Le droit, la " loi ", signent-ils une carence de conscience collective ?

Je ne suis ni un sage, ni un philosophe, juste quelqu'un d'épris d'humanité, aussi je ne sais pas répondre à ceux qui m'objectent "on n'a pas le droit ", qui se réfugient derrière la loi, j'en suis d'autant plus étonné quand il s'agit d'élus, d'acteurs de la république sur la réforme des rythmes scolaires, la dernière objection à la mode est de dire "les maires n'ont pas le droit de refuser"... quelle vision soumise !

Ainsi, quand bien même c'est un décret et non pas une loi, dans une démocratie ,on n'aurait pas le droit d'exprimer son opinion ou de combattre un dispositif par tous les moyens dont nous disposons.
En fait, "avoir le droit" ou "c'est la loi" peut rapidement devenir le refuge des couards, la multiplication des lois et des règlements ne signe-t-elle pas l'aveu de l'abandon d'une conscience individuelle ?
D'une morale collective librement admise ?
Qu'est-ce qui prédomine ?
A quoi sert la loi ?
A fixer des règles pour bien vivre en société, mais ces règles, elles sont basées sur la conscience, sur une certaine notion du bien et du mal.
En fait notre conscience, notre regard sur la société, devancent toujours la loi, l'idée qu'elle serait figée, immuable, indiscutable est un non sens.
Très récemment, la loi Devaquet et c'était une loi, a été retirée sur la pression de l'opinion publique, le siècle des lumières et ses philosophes ont bousculé les lois et même l'ordre établi.
C'est la loi ! rétorquaient les marchands d'esclaves et tous ceux qui vivaient du trafic d'êtres humains, la loi a changé parce que des hommes et des femmes l'ont voulu !
Les femmes n'avaient pas le droit de vote, c'était la loi et pourquoi revenir dessus ?
Les lois de vichy antisémites étaient des lois, fallait-il s'y soumettre ?
La conscience, l'humanité, honneur à ceux qui ont risqué leur vie en allant contre la loi, tandis que d'autres, frileusement, pouvaient affirmer "j'applique c'est la loi, je ne l'aime pas et si un jour cela change tant mieux".
Ce ne sont pas pleutres qui font changer la loi et évoluer notre société, ce sont ceux, même une poignée, qui ne s'arque boutent pas sur un quotidien qui les rassure, mais qui cherchent les voies d'une société plus humaine.
Il y a un devoir à appliquer la loi et un devoir de conscience beaucoup plus fort encore, un devoir de résistance devant l'injustice, la tyrannie ou tout simplement la bêtise.
Si chacun de nous, nous estimons qu'une loi est mauvaise pour la société, pour nos enfants et que tel un troupeau bêlant l'on nous mène à l'abattoir, attendons nous qu'un éventuel berger providentiel s'en rende compte ?
Nous risquons d'être tous égorgés avec la bonne conscience et le confort tranquille d'avoir été des citoyens modèles et respectueux.

Je ne suis qu'un grain de sable, dans ma vie, j'ai été quelques fois contre la loi, quand ma conscience me le dictait, quand mon instinct de survie pour notre société me disait que c'était une impérieuse nécessité, ce n'est pas du courage, parce que "même pas peur", mais j'ai toujours trouvé insupportable le "silence des agneaux", la résignation, la soumission à des règles que nous sommes en droit de contester et en devoir de combattre.
C'est pourquoi ceux qui attendent que l'on fasse le travail à leur place, les frileux, les inquiets, les lâches me dérangent, je préfère encore ceux qui défendent avec conviction ce que je combats, eux au moins ont une conviction qui les guide !

Je voulais juste dire de ne pas oublier que cette société, c'est nous qui la faisons, qui la faisons vivre, qu'il faut attendre d'elle le reflet de ce que nous lui apportons et si nous attendions tout d'elle et même qu'elle dicte nos consciences, alors nous nous réserverions un avenir bien triste...
Christian Schoettl.